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“Il faut atteindre un équilibre entre le travail et la vie personnelle!”

Je ne peux pas vous dire combien de fois j’ai croisé cette phrase (ou une semblable) dans des articles, de la part des collègues, des membres de ma famille, des discours de conférenciers, ou même dans les médias sociaux (Twitter, Facebook, Instagram en particulier). Je l’ai réitéré moi-même à plusieurs reprises.

Quelles pensées vous viennent en tête lorsque vous lisez cette phrase? La voici une deuxième fois:

“Il faut atteindre un équilibre entre le travail et la vie personnelle!”

Les mots ont une influence incroyable sur nous. En lisant cette phrase, je m’imagine escalader une montagne, et qu’au sommet s’y retrouve ce fameux équilibre, comme si c’était un sage moine qui m’expliquera les secrets de la vie, et qui fera en sorte que tout sera, à partir de ce moment, “kosher”.

Mais la vie ne roule pas tout à fait comme ça.

Atteindre des équilibres (ou des états d’esprit?), c’est tout à fait possible. Toutefois, nous ne demeurons pas toujours dans un état parfait de balance. Il y a un genre de va-et-vient, des hauts et des bas. Deux journées en équilibre, la prochaine en déséquilibre. Même d’un moment à l’autre! C’est un peu comme un oiseau perché sur un mince fil, mais qui doit continuellement ajuster son centre de gravité pour y rester. Le corps de cet oiseau est toujours en mouvement. Et parfois, il n’arrive pas à garder l’équilibre et tombe du fil. La vie, c’est comme ça. Nous échangeons continuellement entre des états d’équilibre et de déséquilibre, et ce dans différentes facettes de nos vies. C’est toute une complexité.

Ce qui représente un équilibre pour une personne ne l’est pas nécessairement pour une autre. Exemple: que peut un enseignant penser lorsqu’il voit un collègue travailler quatre fois par semaine jusqu’à 17 h 30 à l’école? Est-ce qu’il pourrait ressentir de la culpabilité s’il quitte habituellement vers 16 h 15? Souvent, on se compare aux autres. Quitter le travail à 17 h 30 est peut-être réalisable pour un enseignant, mais pour un autre, ça pourrait causer un déséquilibre pour toute sorte de raisons (sports des enfants, entraîneur d’une équipe, préparer le souper, monoparental, etc.).  Il faut faire attention à ne pas comparer des pommes à des oranges. Peut-être devrait-on entièrement cesser de nous comparer aux autres?

Lorsque je pense à atteindre un état d’équilibre, plutôt que de le voir comme un sommet ou un point d’arrivée ultime, je le vois comme des étapes à franchir. Il s’agit de personnaliser le mot “équilibre” de façon à ce qu’il passe d’une destination à un processus. Vivre des processus, c’est ce qui apporte un vrai changement, car ce sont eux qui nous mènent à poser des actions concrètes.

Dans son article You don’t need work-life balance to be successful – you need these 4 things instead, Dan Waldschmidt nous propose de personnaliser notre approche vers un état d’équilibre en passant par quatre composantes: le pourquoi, la perspective, les priorités, et les progrès – les 4P de l’équilibre.

Pourquoi

Si nous nous sentons en déséquilibre, il faut poser des questions. Souvent, les gens se lancent immédiatement à la recherche de solutions, sans découvrir en premier la raison d’être du déséquilibre. C’est ce qui mène à une solution “band-aid” – ce n’est que temporaire.

Pourquoi est-ce que je me sens de cette façon? Est-ce une question de motivation, d’organisation, de mauvaises décisions, ou même d’un manque d’intérêt ou de passion? Les gens évitent souvent ce type de questionnement, car ça demande de creuser et de faire des constats qui peuvent nous rendre mal à l’aise. L’auteur Neal Donald Walsh a écrit: “Life begins at the end of your comfort zone”. N’est-ce pas vrai?

“Life begins at the end of your comfort zone” – Neal Donald Walsh

Vous savez, dans la vie, c’est 10% de ce qu’il nous arrive et 90% de comment nous y réagissons. Il faut donc décider et assumer la responsabilité d’apporter les changements nécessaires – même les attitudes et comportements – pour reprendre le chemin vers un bon état d’équilibre.

Perspective

J’ai toujours préconisé que prendre un temps d’arrêt, de faire un “zoom out” afin d’apprécier, d’analyser et de réfléchir, est une étape essentielle dans le processus de croissance d’une personne. Souvent, ça nous permet d’apprécier ou même remettre en perspective la façon dont nous voyons les choses. Des constats sont faits, et on apprend à se connaître davantage.

Rétroviseur

Il faut savoir où nous étions afin de déterminer là où nous devons aller. Avoir une bonne perspective nous permet d’élargir notre vision périphérique, et d’apprécier les différents points de vue. C’est dans la réflexion que se retrouvent les apprentissages.

Priorités

L’auteur John Maxwell nous dit que pour devenir une meilleure personne, nous devons être intentionnels dans nos actions et avoir un système ou processus en place pour le faire. Avez-vous un système ou processus pour votre croissance personnelle et professionnelle? D’une façon ou de l’autre, il est important d’en faire une priorité.

Chaque année, mon épouse et moi (surtout mon épouse) planifions un voyage familial. C’est une tradition importante, car le temps passé ensemble nous permet de prendre un temps d’arrêt, de recentrer nos relations et de mettre l’accent sur ce qui est le plus important dans la vie: la famille. Comme vous le savez, pour bien planifier un tel voyage, il faut investir du temps: faire de la recherche, réserver les vols ainsi que l’hôtel, magasiner pour des vêtements, faire les valises, et j’en passe.

À un moment donné, j’ai réalisé que je mettais plus de temps et d’effort à planifier un voyage que ma propre croissance. Ouein – c’était toute une piqûre de rappel.

Pour cheminer vers un état d’équilibre, il faut identifier intentionnellement les priorités dans toutes les sphères de notre vie. Nous serons mieux positionnés pour établir des objectifs, et d’y mettre le temps et l’énergie nécessaires pour les réaliser.

Progrès

J’ai souvent entendu des collègues dire: “Quand mon élève a finalement compris le concept, son visage s’est allumé. QUEL FEELING! Cela vaut plus qu’un salaire!” Voir les choses progresser, c’est motivant. Ressentir un sentiment d’accomplissement, de progrès et de cheminement est souvent la seule récompense dont nous avons besoin.

“Quand mon élève a finalement compris le concept, son visage s’est allumée. QUEL FEELING! Cela vaut plus qu’un salaire!”

Voir et célébrer les progrès, ça nous apporte du point 1 au point 2, ensuite du point 2 au point 3, etc. C’est un cheminement vers l’infinie, car nous travaillons continuellement à être le plus souvent dans un état d’équilibre. C’est le petit oiseau perché sur le mince fil qui doit ajuster tout le temps son centre de gravité.

Ce qui est encore plus important, c’est que reconnaître et célébrer les progrès nous permet d’apprécier les beaux petits moments dans la vie. Ça nous permet d’arrêter pour apprécier, pour absorber, et pour trouver la motivation et l’énergie à poursuivre sur le chemin de la croissance personnelle et professionnelle.

Prenez donc un peu de temps pour réfléchir aux 4P, et comment ils ont une incidence dans toutes les sphères de votre vie.