Le code du leader. Le sujet me trotte dans la tête. Ça prend quoi au juste pour être un bon leader? Retrouve-t-on des caractéristiques, des actions, et des attitudes semblables chez les gens qui sont reconnus comme étant de bons leaders? Une simple recherche Google génère plus de 3 millions de résultats à ce sujet: articles, photos, vidéos, même des «codes secrets». Il ne manque certainement pas d’information. Toutefois, je ne crois pas qu’il existe une recette magique, une démarche «A à Z» à suivre qui garantit que, par l’étape «Z», tu seras sans aucun doute un excellent leader. C’est tellement plus que ça. Être un bon leader, c’est être perpétuellement en devenir, un apprenant à vie. C’est rendre les autres meilleurs en raison de notre influence, et avoir un impact durable bien après notre passage. Dans ma tête, c’est un peu comme le principe derrière la pendule de Newton: je fournis l’énergie (l’influence) à la première bille, et cette énergie est passée d’une bille à l’autre. Le mouvement (l’impact) continu même si je quitte la salle.

Le leadership est

Tout au long de ma carrière en éducation (20 ans déjà!), j’ai eu le plaisir de rencontrer et de travailler de près avec des gens dont je considère être d’excellents collègues, mentors et leaders: élèves, parents, entraîneurs, enseignantes et enseignants, directions, conseillères et conseillers pédagogiques, surintendantes et surintendants, directions générales, agentes et agents d’éducation, partenaires en éducation, et j’en passe. Je me suis toujours donné l’objectif d’apprendre le plus possible de ces personnes afin que je puisse à mon tour affiler mes compétences de leadership. Je veux vivre le processus de devenir, de maximiser l’influence positive que les autres ont exercée sur moi. Je cherche à personnaliser mon apprentissage, à devenir un leader qui est en mesure de servir, d’offrir et de partager un petit cachet particulier.

 « Je veux vivre le processus de devenir, de maximiser l’influence positive que les autres ont exercée sur moi. »  @jprofNB

Au fil des années, j’ai identifié certaines caractéristiques et actions communes que j’ai observées chez les personnes dont, je crois, sont de leaders exceptionnels. Voici donc où en est ma réflexion par rapport à un code du leader.

Caractère et intégrité

Souvent les gens pensent qu’avoir un caractère fort est inhérent à un bon leader. Ce n’est pas toujours le cas. Lorsqu’on parle de caractère, il y a plein de facteurs à considérer (p.ex.: émotions, réactions, forces, faiblesses, expériences). Je crois qu’un bon leader démontre une intégrité de caractère.

Peu importe la situation, un bon leader ne perd pas de vue son identité, sa philosophie, ou ses fondements. Cette personne apprend, et elle bâtit pour rendre plus solide ses compétences, et pour éclaircir sa compréhension des choses. Comme leader, nous cherchons à développer notre caractère, à le complémenter, dans le but de devenir à son tour complémentaire pour les autres.

Mentalité de croissance et résilience

En décembre 2016, j’ai écrit ce billet portant sur la mentalité de croissance chez nos élèves. En particulier, je disais comment, en adoptant une mentalité de croissance, nous développons notre boîte à outils, et que cette boîte à outils est en effet ce qui constitue notre résilience.

Mon expérience me dit qu’un bon leader reconnait explicitement le besoin d’adopter une mentalité de croissance. Cette personne reconnait la valeur de l’erreur dans le processus d’apprentissage. Non pas dans le sens que l’on fait des erreurs intentionnellement, mais de reconnaître tout simplement le potentiel d’apprendre lorsqu’une se produit. Le bon leader demeure optimiste et voit ces apprentissages comme l’occasion d’ajouter des outils dans sa boîte, de renforcer sa résilience. Cette personne reconnait que face aux défis, cette boîte à outils nous permet de remonter la côte, et aide les autres aussi à la remonter. D’ailleurs, lorsqu’un enfant apprend à marcher, pense-t-il après être tombé cinquante fois: « Cette activité n’est peut-être pas pour moi»?

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Être au service

Dans son livre Leaders Eat Last, Simon Sinek (@simonsinek) nous dit que l’empathie est une vertu cruciale chez un bon leader. Je suis entièrement d’accord. Se mettre à la place de l’autre, de pouvoir ressentir les émotions d’une autre personne permet au leader d’être davantage au service de l’autre, autant lors des bons moments que dans les moments plus difficiles. Pour moi, l’empathie mène à la réflexion, à se poser des questions avant d’agir: «comment me sentirais-je dans ses souliers?» Le bon leader ne met pas ses besoins avant ceux de l’équipe. Il évalue constamment l’état des lieux – le verbal, le non verbal – afin d’être le plus proactif possible pour bien desservir chaque individu.

J’ai lu récemment un excellent billet par Ken Jenkins dans lequel il parle du leadership au service des autres. Il touche sur plusieurs points importants: partage, écoute active, placer les besoins des autres avant les nôtres, les dix caractéristiques des leaders au service des autres. Je vous recommande d’en faire la lecture.

Être au service, ça s’applique aussi à soi-même. Le bon leader reconnait que pour bien répondre aux besoins des autres, il doit aussi se préoccuper de sa propre énergie.

Protect my energy

Apprenant à vie

Je crois que tout être humain apprend chaque jour. C’est d’ailleurs un des cadeaux que nous donne la vie. Je prends connaissance des nouvelles de ma famille via Facebook, je découvre un événement scientifique spectaculaire sur YouTube,  ou même j’observe un nouveau modèle de voiture lors d’une marche un beau samedi après-midi. J’apprends tout ça, sans même avoir à y penser.

Apprendre sans intention, et apprendre avec intention: voilà donc une différence subtile qu’un jour, j’ai réalisée. Depuis ce moment, ma vision de ma vie personnelle et professionnelle a changé. C’est comme si une lumière s’était allumée, et que son énergie alimente depuis ce temps une passion pour apprendre et devenir meilleur, d’être au service des autres. C’est depuis ce moment que j’ai passé à l’action, et que je suis intentionnellement un apprenant à vie.

« Apprendre sans intention, et apprendre avec intention: voilà donc une différence subtile qu’un jour, j’ai réalisée. Depuis ce moment, ma vision de ma vie personnelle et professionnelle a changé. »  @jprofNB

Les leaders qui m’ont influencé le plus sont des modèles d’apprenants à vie. Leur passion d’apprendre est palpitante, et ne vient pas d’un sentiment de devoir, mais plutôt du rayonnement de leur énergie intérieure. Ce sont des personnes qui cherchent continuellement l’amélioration afin de mieux servir les autres. Ces leaders ciblent continuellement des objectifs, et sont intentionnels dans leurs apprentissages. Ils comprennent bien et apprécient le cycle d’apprentissage continu.

Discipline et vision

Lorsque je reprends ma routine d’exercices, ça prend de la discipline. Surtout lors des journées que mon niveau de motivation n’est pas….bien, trop motivant. Régime alimentaire sain, entrainement au moins 4 fois par semaine – pas évident après une longue journée de travail, s’il y a de la visite, ou même si nous devons faire le taxi pour les activités de nos enfants (matin et/ou soir). Pour moi, cet entrainement est nécessaire pour le bien-être. C’est la discipline du physique. D’ailleurs, le corps est le temple de l’esprit, n’est-ce pas? Il faut donc en prendre soin.

Établir des objectifs personnels et professionnels, passer à l’action, mesurer les progrès et ajuster/réajuster, être apprenant à vie, et développer une mentalité de croissance. Tout ceci ne se réalise pas automatiquement. Il faut une vision de ce que tu veux devenir, là où tu te vois d’ici 1 an, 3 ans, 5 ans. Évidement, il faut être discipliné non seulement pour ne pas déraper de nos objectifs, mais pour réaliser qu’une transformation se vie un pas à la fois, comme l’explique si bien Mike Schmoker dans cette vidéo. C’est la discipline intellectuelle.

Le bon leader tente de garder l’équilibre entre la discipline du physique et la discipline intellectuelle. Cette personne comprend bien l’interdépendance qui existe entre les deux. Le bon leader a une vision très claire qui est communiquée de par ses paroles et ses actions. C’est une vision collective de l’entité (école, entreprise): chaque membre peut s’y identifier.

Réseau

J’ai besoin des autres pour apprendre, pour croître, et pour m’améliorer. Je ne peux pas atteindre mes objectifs ni vivre ma vision sans l’accompagnement des autres. Pour être le meilleur père possible, j’ai besoin de ma famille immédiate. Ils sont là pour parcourir la vie avec moi, me guider, me fournir de la rétroaction, et aussi pour me «réaligner» lorsque c’est nécessaire. Avec eux, je deviens une meilleure personne.

Il va de même du côté professionnel. J’ai besoin de mes collègues pour du mentorat, pour m’inspirer, pour me pousser à innover, à sortir de ma zone de confort. C’est mon «outside looking in». Comment puis-je évoluer comme leader si je n’accède pas à cette collectivité intelligente, à cette diversité de personnalités, de styles, de points de vue, d’opinions, et de ressources?

Les meilleurs leaders que je connais ont établi de très bons réseaux. Ces leaders sont entourés d’excellentes personnes, et n’ont jamais peur de remettre en question les façons de faire. Ils sont branchés (Twitter, Instagram, Facebook, et autres réseaux), et y sont actifs. Ces personnes sont à la fois consommateurs et producteurs. Ces leaders consultent continuellement les gens autour d’eux, valorisent et encouragent ce que chaque individu a à contribuer à la collectivité.

code du leader visuel

Pour moi, ce code est en constante évolution. C’est ce qui me motive tous les jours, ce qui éclaire mon chemin. C’est qui je suis.

J’aimerais beaucoup connaître vos idées, alors veuillez s.v.p. laisser vos commentaires!